Gare aux arnaques lorsque vous investissez dans un parking
Face à la crise économique qui s'annonce, les arnaques à l'investissement se multiplient de plus en plus.
L’AMF (Autorité des marchés financiers), gendarme de la Bourse, met notamment
en garde les investisseurs particuliers à l’encontre des propositions
d’investissement dans les parkings,
issues généralement de sites internet usurpant les noms d’acteurs
financiers ou de groupes cotés en bourse du secteur de la construction.
Une augmentation de cas a été observée dernièrement. Elle recommande aux investisseurs de ne pas donner suite aux sollicitations des personnes les incitant à investir dans les places de parking en général et celles de parking d'aéroports européens en particulier (Portugal, Espagne, Italie, Allemagne, etc.) sans avoir vérifié que ces personnes disposaient des garanties ou des autorisations nécessaires.
Plus d'un milliard d'euros perdu par des particuliers dans des escroqueries sur internet
Le schéma utilisé par les escrocs est le suivant : les victimes sont contactées par téléphone ou par mail par un démarcheur qui leur propose des offres de placement dans des places de parking et les invite à consulter une plateforme en ligne puis à signer un faux contrat de location (ou un livret avec versement mensuel des intérêts). Le placement est présenté comme hautement rentable et sans risque. Il n'y a en réalité aucune acquisition ni location de parkings derrière ces offres frauduleuses.
Plus d’un milliard d’euros ! C’est la somme qu’ont perdu les Français qui ont placé leur argent sur des placements proposés par des sites frauduleux, entre juillet 2017 et juin 2019. Tout peut commencer avec une bannière publicitaire qui apparaît sur un site que vous consultez sur Internet. “Mieux que le Livret A à 1% (sic)... Investir dans les vaches laitières avec un rendement de 6 à 12%, qui dit meuh ?” Le nombre de sites vous proposant de faux placements aux rendements intéressants a augmenté ces dernières années… tout comme celui des plaintes et des réclamations faites auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).
Avec un taux de 0,75% - et non de 1% - servi par le Livret A ou encore un rendement moyen de 1,8% délivré par le fonds en euros de l’assurance vie, les épargnants partent plus volontiers à la recherche de placements plus rémunérateurs. Et parmi eux, certains se laissent tenter par les annonces alléchantes faites sur des sites frauduleux. Concentrées sur le Forex et le crédit jusqu’à début 2016, les arnaques se sont désormais déplacées sur de nouveaux placements, comme les diamants, les cryptomonnaies, les forêts, le vin, ou encore les vaches laitières. De même, ces faux sites ne se contentent plus de ne proposer qu’un seul de ces produits, “ils sont multiplacements”, indique Robert Ophèle, président de l’AMF.
Pour illustrer ces arnaques à grande échelle, l’AMF, l'ACPR et le Parquet de Paris ont notamment pris l’exemple de la terrible mésaventure qui est arrivée à un particulier de 84 ans. L’arnaque a commencé par une “simple” proposition de placement sur un support peu classique, - le Parquet de Paris n’a pas précisé de quel produit il s’agissait - avec une promesse de taux rémunérateur. Après avoir rempli un formulaire en ligne dans lequel il a renseigné, entre autres, ses informations personnelles (identité, adresse mail, numéro de téléphone…) et ses coordonnées bancaires, la victime a investi, au total, pas moins de 40.000 euros sur ce faux placement.
Il vous sera impossible de recouvrer l'argent que vous avez perdu
Mais l’histoire ne s’arrête malheureusement pas là. Lorsque l'épargnant décide de faire un retrait sur son placement, un phénomène de “retape” - comme le qualifie Christophe Perruaux, procureur adjoint de la République de Paris - vient s’ajouter à l’arnaque initiale. Les coordonnées personnelles du particulier ayant sans doute été échangées au bénéfice d’autres escrocs, de nouveaux interlocuteurs vont approcher la victime, qui se retrouve piégée dans un “engrenage infernal”, selon Christophe Perruaux. Ainsi, des escrocs se sont d’abord fait passer pour l’administration fiscale et ont demandé le paiement d’un impôt sur les sommes à retirer. Après de nombreuses menaces, la victime finit par payer 75.000 euros à la prétendue administration fiscale.
Ensuite, d’autres escrocs sont venus réclamer, au nom de plusieurs organisations existantes (l’Autorité européenne des marchés financiers, la Banque de France, les autorités portugaises, les douanes judiciaires…), le paiement de différents types de frais pour débloquer l’argent placé. Les réseaux d’escrocs, très bien organisés, n’hésitent pas à faire de l’usurpation d’identité en utilisant également les vrais noms de magistrats, de policiers ou encore d’employés du fisc pour crédibiliser leurs demandes. Au total, la victime de 84 ans a perdu 482.000 euros en l’espace d’un an. Et ce, malgré les différentes alertes faites par sa banque, qu'elle a préféré ignorer.
Comme le précise Christophe Perruaux, “il est difficile, voire impossible” de récupérer l’argent perdu dans des arnaques de ce genre, car les escrocs utilisent des comptes bancaires “rebond” ouverts en zone euro. Ces derniers ne servent qu’à recevoir l’argent viré par les victimes et à le transférer vers d’autres comptes hébergés dans des pays hors de la zone euro, où il est nettement plus compliqué pour les autorités françaises de remettre la main sur les sommes placées sur ces comptes.
Avant de vous lancer dans un placement financier qui vous propose un rendement très attrayant sur Internet, renseignez-vous ! L’AMF et l’ACPR tiennent chacune leurs “listes noires” des sites douteux, qu’elles mettent régulièrement à jour. Seulement quelques clics qui vous éviteront de risquer de perdre plusieurs dizaines de milliers d’euros...
Reviewed by WwW
on
juillet 01, 2020
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